La France, à la fois héritière d’un empire colonial dispersé et par endroit contesté, mais aussi porteuse avec l’UE d’un message fort de démocratie et d’équilibre, est aujourd’hui attaquée et contestée (intérieurement et extérieurement) dans certaines plus que d’autres de ses « possessions ultramarines » à l’autre bout du monde. Il est vrai que celles-ci ont des situations géographiques, économiques, sociales et politiques, avec différents statuts allant du département et région d’outre-mer (DROM) aux collectivités d’outre-mer (COM), en passant par les terres australes et antarctiques françaises inhabitées (TAAF).
Géographiquement, on peut considérer plusieurs ensembles (Iles des Caraïbes, Nord de l’Amérique latine, iles de l’océan Indien et iles de l’océan Pacifique) avec à chaque fois des statuts et des situations différents : politiques, économiques, sociaux et insertion régionale. Mais ce qui les caractérisent dans leur grande majorité c’est leur faible insertion dans l’économie régionale et leur dépendance financière vis-à-vis de la métropole et pour certaines de l’UE.
Alors que faire ? Prenons l’exemple historique de l’UE d’abord à 7 puis à 27 au bout d’une soixantaine d’années. Au bout de ces quelques décennies, elle reste encore à parfaire et à consolider. Les principes qui l’ont bâtie au fur et à mesure de tout ce temps, pourraient très bien être reproduits dans les différentes zones citées ci-dessus, par étapes et sur la longue durée : marché commun, libre circulation, monnaie autonome, harmonisation des politiques économiques, sociales et fiscales. Ces constructions par palier comme ce fut le cas dans l’UE, différentes suivant les zones évoquées, pourraient se faire avec l’appui de l’UE et aussi de manière plus large avec l’appui d’autres puissances riveraines et surtout avec les puissances régionales concernées.
Pour quels résultats à terme ? Créer des zones de paix et de prospérité à travers le monde à l’instar et avec l’appui de l’UE en y mettant comme priorité principale des objectifs de développement économiques et sociaux, des fonctionnements démocratiques qui puissent éliminer au fur et à mesure la pauvreté, les différentiations économiques et sociales mais aussi raciales et politiques.
Une autre réalité géopolitique plaide pour la création de zones de paix à travers le monde : la multipolarité souhaitée par beaucoup pendant des décennies, pour de multiples raisons dont celle d’équilibre entre différentes puissances, volontés politiques, hégémoniques ou pas, a volé en éclat et est devenue “l’Occident contre le reste du monde”. Pour certains nous sommes devenus une Europe naïve devant les volontés politiques mais aussi économiques des deux grands ensembles : Russie et Chine d’un côté et USA de l’autre dans le cadre d’un “Occident fortement divisé” sur les guerres en Ukraine et à Gaza qui ont encore accentuées ce clivage. Aidons à recréer cette multipolarité, gage aussi de multilatéralité, en favorisant et en soutenant des zones de paix à travers le monde sur des bases économiques, sociales et politiques solides.
Pourquoi continuer à vouloir faire naître son enfant dans un territoire voisin ou lointain si vous pouvez bénéficier de services sociaux de bon niveau chez vous, lui assurer un avenir économique prometteur et une identité politique reconnue ? Ou encore comment exploiter les richesses minières (nickel, or et autres) sans attiser les convoitises internationales ou exacerber les concurrences régionales en imaginant un processus de type CECA, 1ère étape de la construction européenne, (Commission européenne du charbon et de l’acier). Au travail, Mmes et Mrs les stratèges les politiques et les diplomates ! Une utopie est le début d’une réalité future !
article proposé par Georges d’Andlau
passé Président de la Plateforme pour le Commerce Equitable